Urgences, liaison, hospitalisation : pendant six mois, Sean, interne en psychiatrie, a découvert la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent sous tous ses angles. À l'occasion de la fin de son semestre, il raconte, avec ses mots, ce qui l'a marqué.
Qu'est-ce qui vous a plu durant ce stage ?
Ce qui m'a plu, c'est déjà ces trois unités présentes au sein de l’hôpital Bicêtre : l'hospitalisation, la liaison et les urgences. À chaque fois, c'est une façon de faire différente.
L'hospitalisation, pour moi, c'était assez classique : les staffs le matin, les transmissions, on voit les patients dans la journée, on fait les examens nécessaires, on se met en contact avec les parents, le Centre Médico-Psychologique (CMP), les différents partenaires. C'était très intéressant parce que je n'avais jamais fait d'hospitalisation psychiatrique avec des enfants et des adolescents.
La liaison, c'est quand les autres services de l'hôpital nous appellent : la neurologie, la médecine de l'adolescent, l'orthopédie, la pédiatrie générale. Ça nous permet d’échanger avec les internes de ces services, et de parler de somatique, pas uniquement de psychiatrie. J'avais par exemple des patients avec des troubles des conduites alimentaires, et on pouvait en discuter ensemble. C'est un tableau très riche. J'ai vraiment beaucoup appris.
Les urgences, j'avais une petite appréhension au début, parce que je n'en avais jamais fait en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent. Entre ces urgences et les urgences adultes, la prise en charge et l'approche n'est pas similaire, notamment le travail de réassurance des parents qui prend une part prépondérante dans notre travail, savoir expliquer pourquoi l'enfant doit être hospitalisé ou pourquoi il ne le sera pas. Et ça c'est un exercice essentiel pour notre futur métier, que nous avons pu très bien exercer mes co-internes et moi au cours de ces 6 mois.
Qu'est-ce qui a été le plus formateur ?
Un petit peu tout, mais je dirais trois choses.
Ma cheffe de service. Le Dr Boukhalfa est ultra impliquée et passionnée par son travail. Et quand quelqu'un est passionné, ça se transmet aux autres. Elle était toujours là quel que soit nos difficultés.
J'ai également énormément appris sur le plan thérapeutique, ce qui m'a permis d'être progressivement à l'aise sur les médicaments, à la fois sur leurs indications et leur administration dans cette population.
L'annonce et le relationnel. Par exemple, annoncer à un adolescent et à ses parents le début d'un trouble psychiatrique. Certains sont très anxieux, avec l'image qu'on peut avoir dans les films. Apprendre à faire cette annonce, c'était très intéressant. Et il y a l'école aussi : le harcèlement, l'anxiété scolaire, ce sont d'autres composantes à gérer.
À cet âge-là, c'est aussi difficile de verbaliser ce qu'on ressent. Il ne faut pas brusquer l'enfant, prendre son temps pour qu'il puisse s'ouvrir. Et quand il s'ouvre, c'est génial, on avance dans la bonne direction !
J'ai aussi appris tout ce qui touche à la protection de l'enfance : les informations préoccupantes, les signalements, que faire s'il y a un danger pour l'enfant. Notre assistante sociale, Yasmine, nous a expliqué plein de choses. C'est essentiel quand on veut faire de la psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.
Quel impact sur votre parcours ?
Clairement, il y en a un. Dans l'idée, j'aimerais avoir une pratique mixte : à l'hôpital et en libéral. À l'hôpital, je serais avec des adultes, mais en libéral, même en tant que psychiatre d'adultes, je vais me sentir plus à même de recevoir des patients de 15 à 18 ans.
Ce qui me plaît dans cette patientèle, c'est qu'on est au tout début des troubles. En prenant en charge rapidement, peut-être qu'on va éviter que ça évolue vers quelque chose de plus grave. On peut adapter la scolarité, expliquer la maladie, donner des outils à l'enfant pour qu'il s'adapte. C'est assez gratifiant de se dire qu'on l'aide, et que ça l'aidera pour le futur.
Un mot pour l'équipe ?
D'abord mes co-internes : c'était vraiment génial, ça faisait du bien de se retrouver le matin. Ensuite le Dr Boukhalfa, très compréhensive et à l’écoute. Elle faisait attention a notre équilibre entre notre vie personnelle et l’hôpital. Et toujours disponible au téléphone, à la seconde près :
Et aussi toute l’équipe, j'ai fait de super belles rencontres et partagé de très bons moments !